15 de novembro de 2006

Séminaire de la NLS - Société héllènique






The third contribution for the preparation of the next NLS Congress come from the « Séminaire de la NLS » organized by the « Société héllènique », who received Pierre-Gilles Gueguen in Athens the 2nd and 3rd of november. The title of this conference was « Le signifiant du transfert dans la métaphore de l’amour ». We publish here some abstract.

Comment situer le « signifiant du transfert » dans l’expérience de la cure analytique ?
Parler de « Signifiant du transfert » pourrait donner l’idée que la séance se réduit uniquement aux mots que le patient y prononce - et que l’analyste peut se contenter d’être silencieux et parfaitement serein, parce qu’il y a un "Signifiant du transfert" qui lui est accroché depuis le début et qui se donnerait à saisir d'emblée: la séance comme pure expérience de savoir.
Cette conception laisserait entendre que l’interprétation serait une interprétation émanant d’un savoir analytique détenu d'avance par l'analyste et froidement calculée par lui en tenant compte du « signifiant du transfert ». Cela va de pair avec la conception que la psychanalyse serait seulement faite pour « s’exprimer », que ce serait uniquement une expérience de parole…pour l’analysant et une expérience d’écoute pour le thérapeute qui n’aurait qu’à cadavériser sa position et à « ne pas juger ». Cette position peut être quelquefois adoptée par certains thérapeutes à la suite d’une lecture partielle de Lacan ou d’un manque de formation et conduire à des déviations : par exemple à pratiquer des séances par téléphone ou même par internet. S’il ne s’agissait que de « s’exprimer » en analyse, ce serait bien possible mais alors le transfert serait un transfert mort et l’analyse une expérience de mortification, de renoncement de la part du patient.
Est-ce que donc le signifiant du transfert n’existe pas ? Il serait faux de le dire. Souvent le patient le reconnaît après quelquefois plusieurs années d’analyse : « je vous ai choisi parce que ». Et je dois confesser que ce « parce que », quand il est évoqué, est très singulier, souvent surprenant et pourtant généralement assez quelconque. Dans tous les cas, il est une marque de l’analysant plus que de l’analyste. Quelquefois il tient à un détail physique, quelquefois c’est pour une autre raison : vous étiez vivant, vous aviez l’air de savoir y faire avec les femmes, vous étiez inconnu, vous ne connaissiez personne de mon entourage, vous étiez de la même région que moi, votre nom me disait quelque chose, vous aviez l’air sévère ou paternel, vous étiez l’analyste de mon frère, untel ou unetelle vous avait recommandé, ou toute autre « raison » encore etc… Ici je livre les significations qui sont liées au signifiant du transfert on voit qu'elles sont hétéroclites. Le signifiant lui-même, quand il est décelable, renvoie comme Lacan l'avait bien vu, au complexe d’Œdipe et au complexe de castration et donc au signifiant phallique et à la forme du désir du patient (insatisfait, prévenu ou empêché).
Les mots prononcés dans la séance sont incapables de rendre compte des pulsions qui animent les déclarations du patient.Le croire, c'est laisser de côté le fait que le sujet vous parle « anal, oral, scopique ou invoquant » pour tenter de faire passer dans les mots quelque chose qui s’éprouve avant tout dans le corps, jusqu’à d’ailleurs, à l’occasion, affecter celui qui occupe la place de l’analyste.
Bien des contrôles ont lieu non pas directement par défaut de savoir livresque du thérapeute, mais parce que quelque chose que le patient lui a confié ou une attitude du patient a produit chez lui de l’angoisse ou un « événement de corps ».
Le contrôle permet de faire le partage des eaux entre ce qui revient à l'analyste et à son fantasme, et à ce qui revient à l'analysant. Pour cela aussi le contrôle s’avère utile. Tels analystes par exemple peuvent être sensibles aux menaces du patient d’interrompre l’analyse (ils craignent de le perdre), d’autres, au fait que l’analysant semble vouloir les embrouiller, d’autres à l’agressivité de certains patient etc… Il y a toute une vie corporelle, pulsionnelle de la séance analytique qui est gommée par la conception du transfert en terme purement signifiant. Tout en évitant l’écueil de l’interprétation par le contre-transfert qui est une impasse, Lacan lui même n’a pas pu s’en tenir à la conception trop formaliste de l’analyse qu’il préconisait dans «L’instance de la Lettre ». Il a dû donner à la Jouissance une autre place que celle qu’il lui avait assignée vers la fin des années 50.De ce point de vue l'algorithme du transfert qu'il propose dans la proposition sur le psychanalyste de l'Ecole (1967) marque un moment de retournement dans sa doctrine.
Pierre-Gilles Gueguen

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