23 de febrero de 2017

PIPOL 8. 4e Congrès Européen de Psychanalyse. LA CLINIQUE HORS-LES-NORMES


La clinique hors-les-normes

par Patricia Bosquin-Caroz
Directrice du 4e Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse, PIPOL 8

Nous vivons une époque de pousse-à-la-norme et de sa prolifération. Les batailles sur plusieurs fronts menées tambour battant en Belgique depuis trois ans, répliques de celles initiées en France il y a plus d’une décennie, en font preuve : contre une première réglementation étatique relative aux professions de soins de santé mentale visant à noyer la spécificité de la psychanalyse dans l’ensemble des psychothérapies, contre celle déployant un plan autisme abrasant la diversité des pratiques cliniques au profit de méthodes purement orthopédiques et enfin, contre une nouvelle loi votée récemment au parlement fédéral, imposant finalement une seule psychothérapie d’État, autoritaire, protocolisée, standardisée et fondée sur une nouvelle norme, l’Evidence-Based Practice.

La déferlante évaluatrice force les murs des institutions, partout en Europe et depuis longtemps. Cette tendance réactualisée du contrôle social par la réglementation des pratiques psy et la planification du traitement de l’autisme n’a qu’une seule visée : réduire les risques que représente l’incontrôlable singularité des sujets au profit d’un nouvel idéal : l’homme normal. Dans le prolongement de ce mouvement se dévoile l’intention du Maître moderne : mettre au pas la pratique psychanalytique.

Arrière Cocotte !
Les psychanalystes n’abordent pas le mal de vivre comme un trouble mental repérable et classable, mais par le symptôme. Freud s’en est aperçu très tôt, le symptôme est indomptable, il se déplace, se transforme. Plutôt est-il déchiffrable jusqu’à son os irréductible, singulier, le sinthome, « considéré en tant que l’on en tire de la jouissance »(1). La pratique d’orientation analytique s’intéresse à l’inclassable, à ce qui échappe à toute forme de norme, à l’incomparable de chacun, elle promeut l’invention hors-les-normes. Elle trouve davantage à se loger hors des sentiers battus, quitte à se retrouver hors-les-murs.

La réduction du signifiant-maître à l’os du Un
La globalisation, avec le déplacement à grande échelle des populations qui en est une conséquence, a charrié avec elle une insécurité croissante. Qui dit insécurité, dit contrôle, normes, chiffres et listes. Si nous vivons dans un siècle où tout finit par se réglementer, il est aussi celui où tout se calcule, se compte. Le signifiant s’est réduit à son trognon, à son os, le chiffre Un. Jacques-Alain Miller soulignait dans son texte « L’ère de l’homme sans qualités » que « le signifiant-maître comme unité comptable est à la fois le plus stupide des signifiants-maîtres qui aient paru sur la scène de l’Histoire, le moins poétique, mais c’est aussi le plus élaboré, puisqu’il est nettoyé de toute signification. Il conduit à […] l’établissement des listes »(2). Il nous rappelle que Lacan anticipait dans le Séminaire Encore que ce signifiant Un en viendrait à gouverner le sujet et le lien social. Le règne du Un est advenu. À l’heure du numérique, le Un comptable s’écrit partout, jusque dans le corps. Bentham a été le premier à dire « qu’il faudrait que chacun ait un chiffre qu’il conserve de la naissance à la mort, pour que l’on s’y retrouve »(3). L’on sait que cela peut conduire du numéro inscrit sur la carte d’identité à l’effacement du nom propre.

Puisque le signifiant-maître s’est simplifié, s’est dépouillé des identifications, de l’imaginaire, de sa chair, et que le sujet n’est plus qu’un parmi d’autres, on cherche des régularités, on fait des statistiques, on établit des moyennes. L’homme quantitatif, l’homme moyen ou l’homme sans qualités est là. Élevé comme idéal de conformité, il garantit dans le même temps l’ordre social. Il se présente comme prévention du risque à l’époque de la mondialisation et de la diversité culturelle.

Modification du régime de la norme
Si la chute du Nom-Du-Père et des signifiants-maîtres qui l’organisaient est consommée, le régime de la loi et de la norme s’en est trouvé modifié. La norme ne s’impose plus d’en haut, du grand Autre, de la loi qui gouverne, oriente et organise les institutions, mais elle vient d’en bas, « de vous, de la combinaison de vos décisions individuelles, ou de vos propriétés individuelles »(4) pour lesquelles on cherche par la méthode statistique à isoler des régularités. On observe, on recueille des données, on les compare. On n’impose pas la norme, elle s’impose d’elle-même comme type idéal qui aujourd’hui s’adosse au discours scientifique. Comme le souligne G. Canguilhem : « À ce type humain, à partir duquel l’écart est d’autant plus rare qu’il est plus grand », Quételet, astronome du 19e siècle qui a étendu l’étude des faits objectifs par la statistique à l’observation de la société et des comportements humains, donne le nom d’homme moyen(5).

Chercher la moyenne comme garantie de la norme sert aussi à repérer les déviances et à les prévenir, à calculer les risques, à sécuriser. « Ce qui paraît la base de la stabilité de l’ordre social, c’est l’homme moyen. »6 La norme ainsi établie est incontestable, à la différence de la loi contre laquelle le sujet peut se rebeller. « La moyenne c’est beaucoup plus doux, c’est invisible, ça vient de vous. »(7)

Ce qui excède la norme
La normativation œdipienne orientait les identifications sexuelles et répartissait les modes de jouissance côté homme et côté femme, non sans un reste inassimilable. Mais « la norme qui gouvernait secrètement la psychanalyse qui était la norme précisément du rapport sexuel »(8) s’est pulvérisée avec le déclin de la loi du père et du signifiant-maître. C’est là que s’inscrit la formule de Lacan : « Il n’y a pas de rapport sexuel », que Jacques-Alain Miller complète d’une autre : « Il n’y a que la jouissance ». Elle, ne se chiffre pas. Elle « est toujours soit en excès, soit en défaut »(9), incalculable, non négativable, sans mesure. Elle n’en fait qu’à sa tête et méconnaît la moyenne. Lacan, dans son « Allocution sur les psychoses de l’enfant », disait que « toute formation humaine a pour essence, et non pour accident, de refréner la jouissance »(10). Mais le refrain de la jouissance est incessant. La loi du Nom-du-Père qui permettait qu’elle condescende au désir ne tient plus à l’heure de « la montée au zénith de l’objet a ». Elle est remplacée par un pullulement de normes. À la pluralisation des modes de jouir donnant forme à la jouissance innommable répond la multiplication des normes tentant de les classer, de les ordonner. Mais la jouissance ne s’endigue pas, elle n’arrive pas à se chiffrer et à entrer dans les bonnes cases, à se plier aux protocoles de soins, aux guidelines. La multiplication des normes rate le réel de chacun, la crise actuelle du DSM aux Etats-Unis en témoigne. Le monde des normes, le monde illimité des réglementations faiblit face à l’impossible de la jouissance infinie.

Lacan disait que ce qui est chassé du symbolique fait retour dans le réel. La jouissance fait plus que jamais irruption en effet sous ses formes les plus variées et les plus mortifères. Tandis qu’on assiste dans le même temps au surgissement de la grimace d’un Tout père, incarnée dans une nouvelle forme de loi fondamentaliste et féroce.

Le comparable et l’incomparable
La pratique analytique, quant à elle, se situe hors la norme qui vaudrait pour tous, hors-les-normes sans cesse multipliées. Elle ne propose pas au sujet de s’identifier à l’homme normal, l’homme moyen, l’homme sans qualités, hors-les-risques. Elle l’accompagne plutôt à retrouver sa marque singulière, refoulée, la frappe signifiante de l’Autre qui l’a percuté, traumatisé, afin que puisse se dénouer le symptôme dont il pâtit. Pour cela, elle parie sur la rencontre incarnée avec un psychanalyste pour faire advenir, à l’inverse des statistiques, l’incomparable lettre intime du parlêtre. S’il n’y a pas de rapport sexuel, « s’est ouvert à ce niveau l’espace de l’invention, l’invention sexuelle, la créativité hors norme… »(11).

La psychanalyse offre cet espace et un lien inédit sur mesure, qui parie sur la rencontre des corps parlants : le transfert. Comme l’avait fait valoir Miquel Bassols, la seule institution en jeu dans l’expérience analytique est celle du transfert, celle qui instaure le rapport du sujet avec le savoir inconscient12. Elle lui permet de découvrir sa propre norme, ce que G. Canguilhem nommait contre la normalité, et pariant sur la créativité du sujet, « l’originale normativité de la vie »13. Elle n’encourage certainement pas le cynisme, « à chacun sa jouissance », car son éthique ouvre sur le bien dire qui donne à chaque Un tout seul l’opportunité d’inventer, de nouer, de réajuster un lien à l’Autre.

Comment la pratique de la psychanalyse, son orientation dans les institutions variées du champ médico-psychosocial, permet-elle de faire place au cas par cas, à l’invention, à l’unique, à la singularité, l’incomparable de chacun ? C’est ce que le 4e Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse, PIPOL 8, nous permettra d’explorer.

Notes:

1. Miller J.-A., « L’ère de l’homme sans qualités », La Cause freudienne, n° 57, juin 2004, p. 93.
2. Ibid., p. 75.
3. Ibid., p. 77.
4. Ibid., p. 85.
5. Canguilhem G., Le normal et le pathologique, Paris, PUF Quadrige, 1972, p. 133.
6. Miller J.-A., op. cit., p. 84.
7. Ibid., p. 85.
8. Miller J.-A., « Le désenchantement de la psychanalyse », L’orientation lacanienne, III, 4, cours du 15 mai 2002, inédit.
9. Laurent E., Entretien sur le thème « Un réel pour le XXIe siècle », IXe Congrès de l’AMP, avril 2014, réalisé par Anaëlle Lebovits Quenehen. http://www.congresamp2014.com
10. Lacan J., « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 364.
11. Miller J.-A., ibid.
12. Bassols M., « Présence de l’institution dans la clinique », texte préparatoire au Congrès PIPOL 6, Après l’Œdipe, les femmes se conjuguent au futur, paru sur PIPOLNews, 13/11/2012.
13. Canguilhem G., ibid.

21 de febrero de 2017

XVII Conversación Clínica del ICF-E. -Presencia del analista en la cura- Con la participación de Jacques-Alain Miller.


BARCELONA, 
4 Y 5 DE MARZO DE 2017


Presentación
por Carmen Cuñat y Rosa-Alba Zaidel

Cuando cesan la asociaciones libres del paciente, siempre puede vencerse asegurándole que se halla bajo el dominio de una ocurrencia referente a la persona del médico, afirmaba Freud (1), quien planteaba la transferencia como motor y, a la vez, obstáculo de la cura.

En un principio, Freud concibe el surgimiento de la presencia del analista como falsa conexión, una repetición con el analista de las relaciones pasadas con los objetos primordiales y de las pasiones que conllevan: el amor, el odio. Sin embargo, atisba en la transferencia un lugar propicio para hacer actuales y manifiestos los impulsos eróticos y olvidados de los enfermos (2), que están en la base de los síntomas. ¿Qué significa esto sino que el analista encarna un efecto de presencia del Otro del lenguaje poco común?

Bajo el amor de transferencia que pide, y puede llegar a ser muy exigente, está la pulsión que no pide porque se satisface en silencio, acaso se muestra como una demanda silenciosa de satisfacción. Esta satisfacción silenciosa de la pulsión en la transferencia es algo tomado de la presencia efectiva del analista, encarnada en el aquí y ahora de la sesión. La tesis de Lacan es que la presencia del analista implica la puesta en juego de la realidad sexual del inconsciente, es decir, de la actuación pulsional, que busca un complemento en el Otro; un Otro encarnado porque hay un lazo con el Otro del significante (alienación) y hay también un lazo con la presencia del Otro, porque para hacerse ver, oír, chupar, cagar –dialecto propio de la pulsión– se necesita un Otro presente, de carne y hueso. De ahí la advertencia freudiana: nadie puede ser vencido in absentia o in effigie (3).

¿Vencer? Sí, vencer la satisfacción silenciosa de la pulsión que se sustrae a la demanda. ¿Cómo incide la pulsión en la transferencia? Es ésta una demanda de ser, de curarse de la falta de ser. Ahí donde el saber no responde, donde el saber se declara incapaz, la pulsión interviene en silencio. Por ello puede pasar desapercibida, no pide consentimiento, más bien sustrae algo al Otro en ese gozar de hacerse ver, oír… Más vale que el analista sepa qué tipo de objeto pulsional hace surgir su presencia en el analizante, es decir, que gracias a su propio análisis esté advertido de la realidad sexual del inconsciente, por lo que Lacan insistirá en que la resistencia está más bien del lado del analista.

De la actualización de la realidad sexual del inconsciente depende poder dar cuenta del ser del analizante. El ser del sujeto no entra en el conjunto de los significantes, de las identificaciones, para representarse, por eso el analizante busca su ser en el analista como objeto para completarse y ser, a la vez, objeto del analista para completarlo, volviéndose así el analista un tapón. Es su responsabilidad quitar el tapón transferencial con su acto con el fin de permitir el advenimiento de las asociaciones hasta el final.

La presencia del analista convoca el objeto (a) que está en juego en la causación del sujeto, con el cual está articulado el fantasma del analizante, poniendo así límite a la indeterminación subjetiva, al blablablá del significante, para mostrar su determinación por el goce.

Lacan dirá más tarde que el analista se hace semblante de objeto (a) porque éste sólo se puede captar bajo la forma de la presencia corpórea del analista – es así que la materialización de la pulsión no se puede obtener con un análisis realizado por teléfono o por Skype. El cuerpo del analista está en juego en la medida en que está atravesado por los significantes del analizante. El analista no tiene forma, es el fantasma del paciente el que se la da y le otorga un sabor. La disciplina del analista es quizás aprender a ser sin sabor propio, de manera que el paciente pueda experimentar los sabores de su vida paladeando al analista. Lo soso podría ser entonces el ideal del analista (4). Esto es lo que llamamos el analista-objeto (a).

Interpretar en la transferencia y no la transferencia supuso una rectificación sin igual de la práctica. La manera de contrariar el despliegue del sentido por medio del corte de la sesión permite hacer visible la pulsión y muestra cómo la cadena de sentido comporta el goce silencioso de la pulsión separado del Otro de la demanda de amor. No se trata de cortar la rama del árbol que trae consigo lo real del goce. Si la transferencia es aquello que de la pulsión aparta la demanda, el deseo del analista es aquello que la vuelve a llevar a la pulsión (5). Es el deseo del analista apuntando a diferenciar el objeto (a) del ideal en el cual se ampara, el que permite contrariar la transferencia pues ésta es demanda de amor que lleva a la identificación, fundamento de toda organización sectaria, regida por idénticos ideales.

En su última enseñanza, Lacan insistirá en la opacidad del goce que resiste al sentido y en su imposible negativización. Hablará de parlêtre más que de sujeto del inconsciente y de objeto, para abundar en el hecho de que fundamentalmente el ser hablante goza porque tiene un cuerpo y el analista no está exento de ello. En uno de sus últimos cursos, J.-A. Miller señalaba que no es con el pretexto de que hace interpretaciones que el analista se va a tomar por el sujeto del significante. Queda algo que se llama su presencia, que no puede ser simplemente una nota al pie; además, está presente, porque aporta su cuerpo (6). Cabe plantearse cómo interviene en el proceso analítico el goce mismo del analista, su alegría, su desinterés, su entusiasmo, su aburrimiento.

Si bien, la presencia del analista, como vemos, convoca en la experiencia analítica lo pulsional, la realidad sexual del inconsciente, lo real del goce y pone en juego incluso el goce del analista, cabe preguntarse cómo hacer en aquellos casos en los que esa presencia resulta invasora, persecutoria o despierta fenómenos de enamoramiento que hacen inviable la prosecución de la cura por la palabra. Lacan nos invitaba a no retroceder frente a la psicosis y dio varias indicaciones al respecto. A cambio, la psicosis nos ha enseñado a concebir el síntoma mismo como una invención del sujeto que hace posible el lazo con el Otro. Se impone en todos los casos un trabajo preliminar que permita cernir bien la defensa del sujeto frente a la presencia del Otro y, en su caso, ser dócil a esa defensa.
 
Notas
(1) S. Freud, “Sobre la dinámica de la transferencia”, en O.E., Vol III, Barcelona, RBA 2006 p. 1649 (2) S. Freud, ibíd, p. 1653 
(3) S. Freud, ibíd, p. 1653  
(4) J.-A. Miller, Introducción a la clínica lacaniana, RBA, Barcelona, 2004, p. 339  
(5) J. Lacan, El Seminario, Libro 11, Los cuatro conceptos fundamentales del psicoanálisis Ed. Paidós, p. 281 (6) J.-A. Miller, Sutilezas analíticas, Buenos Aires, Paidós 2011, p. 250
 
 
Toda la información en 

20 de febrero de 2017

#StayTuned n°2 - La cause de l'autisme






N°2 . 17 février 2017

 
Pourquoi l'autisme
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Comment se fait-il que ce trait isolé par Eugen Bleuler dans la schizophrénie – terme forgé par soustraction de l'éros du concept freudien d'auto-érotisme –, devenu catégorie clinique, diagnostic concernant une part très réduite de la nosographie psychiatrique, converti ensuite dans les différentes versions du DSM qui y a rattaché puis inclus, dernièrement, les psychoses de l'enfant – dénommées Troubles Envahissants du Développement – comment se fait-il que ce diagnostic, disais-je, ait connu un tel succès chez les praticiens, et maintenant un tel engouement médiatique et finalement populaire ? Oui, l'autisme est maintenant populaire, on s'en revendique, on s'y reconnaît.

Il faut que quelque chose ait, comme le dit Jacques Lacan à un autre propos, cheminé cent ans dans les profondeurs du goût pour qu'un tel retournement s'opère.

Vous en doutez ? Eh bien voyez comment s'est développé outre-Atlantique et arrive maintenant en France le mouvement pour le respect de la neurodiversité. Ce courant affirme que l'autisme est un fonctionnement neurologique différent du fonctionnement typique. Encore une fois le Québec assure l'interface linguistique en traduisant en français des thèses américaines. Le représentant le plus connu de ce courant est le Dr Laurent Mottron, qui n'a pas de mots assez durs pour critiquer les thérapies comportementales en tant qu'elles nient la spécificité autistique et tentent d'imposer de force le modèle «neurotypique». Nous y reviendrons.

Il apparaît ainsi une tendance à faire de l'autisme un style de vie et à le faire reconnaître comme tel. Mais est-ce tout, cela suffit-il à rendre compte de la place qu'il occupe dans le discours contemporain ? Faire accepter le style autistique, ce serait juste lui faire sa place dans le catalogue des identifications collectives contemporaines : cloisonnées, clivantes, communautaristes.

Or il s'agit de plus que cela. L'autisme attire, fascine, suscite aujourd'hui l'admiration. Ne serait-ce pas que le parlêtre contemporain s'y reconnaît ? Qu'il y cherche des réponses à ses propres énigmes, en particulier à sa tendance à se retrouver «sans le secours d'aucun discours établi», «sans aucun discours dont il puisse faire lien social» (J. Lacan). L'autiste n'incarnerait-il pas celui qui sait se passer de l'autre quand la socialité tend à se racornir dramatiquement sur la toile des réseaux sociaux des GAFA ? Question à creuser.

Le Blog s'étoffe, de nouveaux rédacteurs ont rejoint l'équipe de rédaction.

Il se veut une base permanente d'action lacanienne dans le champ de l'autisme. Il s'agit d'intervenir dans les débats pour promouvoir le point de vue de la psychanalyse d'orientation lacanienne, pour témoigner et faire connaître les pratiques qui s'en éclairent et pour faire la critique raisonnée des autres approches.


> veille
RATTRAPER LE RETARD ? DES NOUVELLES DU CANADA
Par Catherine Lacaze-Paule. Sans cesse, l'argument du retard de la France sur les prises en charge de l'autisme fustige les professionnels. Cet argument frappe comme une évidence sans base. Les professionnels sont suspectés d'être têtus et obtus, et ils refuseraient de s'ouvrir à des nouveautés, à se remettre en question. Tous les autres pays, notamment les anglo-saxons, auraient beaucoup d'avance et bénéficieraient de programmes avancés.
Pourtant, un article paru dans le journal canadien Le Devoir, écrit par le père d'un enfant autiste...
Lire la suite
> buzz
LÀ OÙ LE CALCUL DÉFAILLE
Par Jean-Pierre RouillonLa proposition de Daniel Fasquelle d'interdire la psychanalyse dans les traitements concernant l'autisme a été rejetée par l'Assemblée Nationale en décembre dernier. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet événement sans toutefois crier trop vite victoire. En effet, sur le terrain, comme on dit, sur le terrain de l'accompagnement des enfants et des adultes autistes, tout donne à penser que...
Lire la suite
> veille
"LEAN" À L'HÔPITAL
Par Luc Garcia. Fermez bien fort les yeux puis songez à un monde où il n'existe plus de séparation hiérarchique entre les travailleurs. Un monde sans gaspillage et toujours performant, un monde où la performance sera mesurée pour attester votre (in)efficacité et/ou celle de vos voisins. Un monde, encore, où les écarts mesurés face aux objectifs fixés feront l'objet d'indicateurs de performances pour la mise en place de plans correctifs. Donc, songez à un monde sans perte ni...
Lire la suite
> c'est maintenant

LE MONDE DE THÉO À AUBERVILLIERS
LE 24 FÉVRIER
Par Yohann Allouche. Projection-rencontre à 20h au Centre Henri Duchêne d'Aubervilliers, du film Le monde de Théo, en présence de Valérie Gay-Corajoud, mère de Théo, avec Estela Solano-Suarez, psychanalyste et Mireille Battut, présidente de l'association La main à l'oreille -- Théo a 2 ans lorsque l'autisme s'invite dans sa vie et par ricochet s'immisce dans celle des siens. Dès lors...
Lire la suite
IS THERE LIFE ON MARS ?
Par Marina Puissant et Elena MaderaNous étions une trentaine de participants de La Main à l'Oreille et de Famisol à nous retrouver au Théâtre National de Bruxelles le 19 janvier 2017 pour voir le spectacle Is there life on Mars ?, mis en scène par Héloïse Meire et la Compagnie What's up ?. Ce n'était ni une conférence ni une suite de témoignages des personnes autistes sur leurs vies et leurs souffrances ; mais une vraie «mise en scène» à la fois...
Lire la suite
CE GAMIN, LÀ
Par Annie SmadjaRetour sur «la parenthèse enchantée» de la pédopsychiatrie et la «tentative Deligny». Ce gamin, là, film de Renaud Victor (1975), fut judicieusement programmé par Corsica.Doc, association organisatrice du festival du documentaire d'Ajaccio le 21 janvier 2017, juste avant le dernier film de Julie Bertucelli, Dernières Nouvelles du Cosmos, à propos de la poète autiste Babouillec. La séance, «Le mystère de l'autisme», laissait les spectateurs tout à leur...
Lire la suite
> découvertes
INVENTER SA LANGUE
Par Patrick RouxSous le titre accrocheur Une âme prisonnière, le journaliste allemand Michael Klonosvski a fait paraître en 1992 un scoop à propos d'un adolescent autiste de 18 ans. Grâce à l'écriture assistée, Birger Sellin fait une «sortie d'autisme» spectaculaire. Le journaliste s'est ensuite pris au jeu et a soutenu la publication des textes en question. L'essentiel du livre est la transcription d'extraits du journal de Birger Sellin – qui vont de l'onomatopée au...
Lire la suite
POUR L'ABORD CLINIQUE DE L'AUTISME
Par Patrick Roux. À propos du Forum Pour l'abord clinique de l'autisme tenu le 12 avril 2012 à Marseille et paru en DVD --
Le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS), publié le 8 mars 2012, avait renouvelé son avis en faveur de l'approche comportementaliste. En s'appuyant sur l'impératif de standardisation des méthodes, la HAS avançait que «l'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à...
Lire la suite


© 2017 ECF secrétaire