24 de febrero de 2015

Grande Journée d’Étude de l’Association de la Cause freudienne en Belgique AUTISME ET PSYCHANALYSE : RESULTATS - AUTISMO Y PSICOANÁLISIS: RESULTADOS





Le contexte

L’Association de la Cause freudienne en Belgique organise le 28 février 2015 une journée d’étude sous le titre « Autisme et psychanalyse : résultats ». Cette journée, avec son titre particulier, fait suite à la publication en Belgique d’une recherche menée, à la demande de la Ministre de la Santé, par le Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) sur La prise en charge de l’autisme chez les enfants et les adolescents.

Déjà en mai 2014, l’ACF-Belgique avait organisé, avec d’autres associations belges du Champ freudien, un forum s’intitulant « Quel plan autisme ? ». Ce forum se voulait une réponse à un Avis émanant d’un autre collège d’experts, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS), « indépendant » celui-là, ne dépendant d’aucun ministère, portant sur La qualité de vie des jeunes enfants autistes et de leur famille.

Pour faire bref, ces deux rapports « recommandent » de façon univoque les méthodes éducatives et comportementales dans la prise en charge de l’autisme. L’un d’eux met spécialement en avant la plus « dure » d’entre elles, ABA. La dimension subjective de l’autisme, le refus de l’Autre par exemple, est complètement éludée, ou reprise sous le terme de « comorbidité », comme l’est le rapport au langage considéré sous l’angle du déficit. En somme, ce qui sous-tend ces études, c’est que le ressort de l’autisme est de l’ordre du handicap et n’aurait rien à voir avec une « insondable décision de l’être » comme le disait Lacan.

Les deux recherches se rejoignent pour rejeter la psychanalyse dans le traitement de l’autisme. Elles n’ont pas cherché bien loin puisqu’elles se contentent de se référer à la HAS (Haute Autorité de Santé) française. Ainsi, le sort de la psychanalyse est réglé en deux coups de cuillère à pot. La seule méthode d’investigation envisageable pour les auteurs est la méthode issue des études randomisées, dite scientifique. Leur credo, c’est EBM ou EBP pour Pratiques Basées sur les Preuves.

L’intéressant, c’est que le KCE a l’honnêteté de reconnaître que, « pour de nombreux aspects de la problématique [de l’autisme], la récolte dans la littérature scientifique s'est révélée très maigre » et qu’« appliquer les méthodologies rigoureuses de la recherche evidence-based s’avérait d’office une entreprise hasardeuse. » Le KCE s’est donc reposé sur l’étude de la HAS et son équivalent anglais, et pour ce qui est de la spécificité belge, il a dû s’en remettre à un questionnaire envoyé à des « gens de terrain ». C’est une méthodologie qui se base sur le consensus. Du coup, toute une série de questions peuvent se poser : comment le questionnaire a-t-il été établi ? Comment a-t-on constitué la liste des « gens de terrain », à qui ce questionnaire a-t-il été envoyé ? Etc.

Le forum de l’an dernier avait un objectif médiatique. Il s’est tenu dans les locaux de l’Université Saint Louis à Bruxelles, a accueilli 350 participants et a été soutenu par 60 institutions concernées directement par la question de l’autisme. Un numéro du Forum des Psychanalystes y a été consacré. Nous avons sollicité les politiques et les administrations. Le président de l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité (INAMI) est venu prononcer un discours en faveur d’une approche plurielle de l’autisme. D’autres mandataires politiques nous ont reçus. Bref, nous nous sommes efforcés à nous constituer comme interlocuteurs, à remettre ces questions sur la scène du débat démocratique, à ne pas laisser la question de l’autisme à l’hégémonie des comportementalistes.

Cette fois, nous n’organisons pas un forum, mais nous répondons par une journée d’étude, qui sera clinique, car nos « preuves » ne peuvent que s’articuler du cas par cas. L’événement n’en sera pas moins politique bien sûr. Nous avons largement invité les mandataires politiques, et la présidente de la Commission de la Santé du parlement fédéral belge viendra y faire une allocution. La bataille de l’autisme se poursuit.

Guy Poblome
Président de l’ACF-Belgique


L’argument

Il y a des sujets, autistes, qui résistent à rentrer dans la grande machine de la rééducation et des apprentissages forcés. C'est un fait. Ils ont souvent déjà leur propre machine élective ou leur objet insolite pour traiter le vacarme de la langue en eux, pour traiter leur angoisse de la rencontre.

On dit qu'ils ne parlent pas, ce n'est pas toujours vrai mais en tout cas, ils s'isolent, ils se coupent du monde et mettent par ce moyen en échec la volonté de l'Autre qui leur parle, qui lesintruse. Toutefois une rencontre réglée devient possible quand nous nous mettons au diapason de leur construction personnelle et singulière, quand nous disons oui à leur usage de l'objet, qui a déjà une fonction apaisante par rapport à l'angoisse. La psychanalyse lacanienne, qui oriente les cures, ainsi que de nombreuses pratiques en institution, nous donne les outils pour résister nous aussi à rentrer dans cette machine à formater le sujet et pour le soutenir dans l’élaboration de ses propres solutions. A l'horizon, nulle harmonie avec l'Autre mais bien la voie du sinthome pour tous, qui permet de loger ce que chaque Un a de plus intime.

Notre Grande Journée d'Étude du 28 février se veut une réponse à ces « études » pseudo-scientifiques qui sévissent, comme celle du Conseil Supérieur de la Santé il y a un an, et maintenant celle du KCE (Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé). La psychanalyse ainsi que les pratiques institutionnelles qui en découlent seraient inefficaces pour traiter les troubles du spectre autistique ! C'est le règne des experts référencés à la littérature dite scientifique et internationale, sourds aux témoignages des praticiens pourtant si nombreux, pour qui veut bien les lire et les entendre. Ils jettent le discrédit sur le travail inventif et vivant qui se pratique sans relâche depuis cinquante ans avec les sujets autistes et leur famille. Il y a bien en effet quelque chose qui ne tourne pas rond et ne rentre pas dans leur machine à ré-éduquer car le sinthome autistique, comme tout sinthome, ne veut pas guérir. 

De notre côté, nous tirons la leçon du sinthome, nous lui emboîtons le pas, pour le construire, pour qu'il ouvre une voie vers le monde de l'autre, vers un lien social apaisé, sans renoncer à ce qui rend le sujet à nul autre pareil. L'enjeu de ce travail est de produire une perte dans l'impasse de la jouissance autistique – car cette impasse est vorace –, mais pas sans le consentement du sujet. En nous ajustant comme partenaires de sa construction, en nous intéressant à son objet électif, en passant par son double, nous tentons de localiser sur un bord une zone de l'entre-deux où un espace pour le pas-de-dialogue peut enfin s'ouvrir. Si nous travaillons avec ces objets si particuliers – un tambour qui tourne, une petite voiture, un filet de salive, un chat en peluche –, nous-mêmes qui sommes appareillés de nos tablettes ou smartphones, c'est que le fil du lien passe par là. Et nous tissons ce lien sans relâche ! 

Alors, à condition de prendre en compte ce que le sujet articule, « une petite conversation » devient possible et « il y a sûrement quelque chose à leur dire ».1 Alors les apprentissages deviennent possibles, orientés par l'îlot de compétences du sujet, soit son « obsession » mise au travail. Alors, le sujet autiste peut muscler son sinthome, qui lui servira toute sa vie à pouvoir prendre place dans le lien social. Le gain pour le sujet et sa famille n'est pas chiffrable mais n'en est pas moins réel. Gain inestimable ! La visée de cette journée est donc d'exposer nos résultats – Autisme et psychanalyse : résultats. 

Daniel Pasqualin

Notes: 
1-. J. Lacan, « Conférence à Genève sur le symptôme », 1975, Bloc note de la psychanalyse, n°5, p. 19.


Le programme

9h00 – 9h30
Introduction
Guy Poblome, président de l’ACF-Belgique
Muriel Gerkens, présidente de la Commission de la Santé du Parlement fédéral belge

9h30 – 11h
Séquence 1 : Apprendre autrement
Sandra Ruchard – Grandir (Bruxelles)
Justine Junius – Ecole du Soleil Levant (Braine l’Alleud)
Neus Carbonell (Barcelone)
Président : Daniel Pasqualin (La Coursive, Liège)

11h – 12h30
Séquence 2 : Les conditions du lien
Sophie Louis – Courtil (Leers-Nord)
Elena Madera - Antenne 110 (Genval)
Jean-Daniel Matet (Paris)
Président : Bruno de Halleux (Antenne 110, Genval)

13h30 – 15h
Séquence 3 : Solutions singulières
Séverine Olivieiri – Courtil (Leers-Nord)
Denis Gérard – Coursive (Liège)
Bernard Lecoeur (Reims)
Président : Dominique Holvoet (Le Courtil, Leers-Nord)

15h – 16h30
Séquence 4 : 
Ponctuations et conversation avec et les 6 auteurs des cas cliniques : Eric Laurent (Paris)
Président : Guy Poblome
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Gran Jornada de Estudio de la 
Asociación de la Cause freudienne en Bélgica

AUTISMO Y PSICOANÁLISIS: RESULTADOS


El contexto

La Asociación de la Cause freudienne en Bélgica organiza una jornada de estudio el 28 de febrero de 2015 con el título Autismo y psicoanálisis: resultados. Esta jornada, con su particular título, se deriva de la publicación en Bélgica de un estudio llevado a cabo por el KCE (Belgian Health Care Knowledge Centre), a demanda de la Ministra de Sanidad, acerca del tratamiento del autismo en niños y adolescentes.

En mayo de 2014, la ACF-Bélgica organizó, con otras asociaciones belgas del Campo freudiano, un forum titulado ¿Qué plan para el autismo?” Este forum quería dar una respuesta a la opinión emitida por otro colegio de expertos, el Consejo superior de la Salud (CSS), “independiente”, por no tener dependencia de ningún ministerio, que versaba acerca de La calidad de vida de los niños autistas y sus familias.

Abreviando, estos dos informes recomiendan de manera unívoca métodos educativos y conductistas para el tratamiento del autismo. Uno de ellos destaca especialmente el más “duro” de estos tratamientos, el ABA. La dimensión subjetiva del autismo, como por ejemplo el rechazo al Otro, es completamente eludida, o retomada bajo el término de “co-morbilidad”, como lo es la relación al lenguaje considerada bajo el prisma del déficit. En suma, lo que conllevan estos estudios, es que el resorte del autismo es del orden de la discapacidad  y no tendría nada que ver con una “insondable decisión del ser”, como indicaba Lacan.

Los dos estudios coinciden en rechazar el psicoanálisis para el tratamiento del autismo. No se han ido a buscar muy lejos ya que se contentan con referirse a la HAS (Haute Autorité de Santé) francesa. Así, el destino del psicoanálisis se ventila de un plumazo. El único método de investigación factible para los autores es el método que se desprende de los estudios aleatorios, llamados científicos. Su credo, es el EBM o EBP, Prácticas Basadas en la Evidencia.

Lo interesante, es que el KCE tiene la honestidad de reconocer que para numerosos aspectos de las problemática, la búsqueda en la literatura científica se ha revelado muy escueta” y que “aplicar las rigurosas metodologías de la investigación basada en la evidencia se mostraba, de entrada, una tarea azarosa”. Por lo tanto, el KCE se ha basado sobre el estudio de la HAS y su equivalente inglés, y en cuanto a la especificidad belga, ha tenido que remitirse a un cuestionario enviado a “gente que está sobre el asunto”. Se trata de una metodología basada en el consenso. A bote pronto, pueden plantearse toda una serie de preguntas: ¿Cómo ha sido establecido el cuestionario? ¿Cómo ha sido constituida la lista de “gente que está sobre el asunto”? ¿A quién ha sido enviado el cuestionario? Etc.

El forum del año pasado tenía un objetivo mediático. Tuvo lugar en los locales de la Universidad Saint Louis en Bruselas, recibió a 350 participantes y fue apoyado por 60 instituciones concernidas directamente por la cuestión del autismo. Le fue dedicado un número de la publicación Forum des Psychanalystes. Hemos interpelado las políticas y a las administraciones. El presidente del INAMI (Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité) acudió para pronunciar un discurso en favor de un acercamiento plural al autismo. Hemos sido recibidos por otros mandatarios políticos. Resumiendo, nos hemos esforzado en constituirnos como interlocutores, en volver a poner estas cuestiones sobre la escena del debate democrático, para no dejar la cuestión del autismo bajo la hegemonía de los conductistas.

Esta vez, no organizamos un forum, sino que respondemos mediante una jornada de estudio, que versará sobre la clínica, ya que nuestras “pruebas” solo pueden articularse a partir del caso por caso; sin renunciar al cariz político del evento. Hemos invitado a gran número de mandatarios políticos, y la presidenta de la Comisión de Sanidad del parlamento federal belga acudirá para hacer una alocución. La batalla del autismo continúa.

Guy Poblome
Presidente de ACF Bélgica


El argumento

Hay sujetos autistas que se resisten a entrar en la gran maquinaria de la reeducación y de los aprendizajes forzados. Es un hecho. A menudo, ya han elegido su propia máquina o su objeto insólito para tratar el barullo de la lengua en su interior; para tratar su angustia ante el encuentro con los demás.

Se dice que no hablan. No siempre es cierto pero, en cualquier caso, se aíslan, se retiran del mundo y, de este modo, ponen en jaque la voluntad del Otro que les habla, que les acosa. Sin embargo, un encuentro es posible cuando nos ponemos en sintonía con su construcción personal y singular, cuando decimos sí a su uso del objeto, el cual ya tiene una función apaciguadora con respecto a la angustia. El psicoanálisis lacaniano, que orienta las curas así como numerosas prácticas institucionales, nos da las herramientas para resistirnos a entrar en una maquinaria de formateo del sujeto, y para lograr sostenerlo en la elaboración de sus propias soluciones.  En el horizonte no hay ninguna armonía con el Otro, sino la vía del sinthome para todos, que permite alojar lo que cada Uno tiene de más íntimo. 

Nuestra Gran Jornada de Estudio del 28 de febrero quiere dar una respuesta a estos “estudios” pseudo-científicos que hacen estragos, como el del Conseil Supérieur de la Santé hace un año, y ahora el del KCE (Belgian Health Care Knowledge Centre).  Según ellos el psicoanálisis así como las prácticas institucionales derivadas de él ¡serían ineficaces para tratar los trastornos del espectro autista! Es el reino de los expertos de referencia en la literatura llamada científica e internacional, sordos a numerosos testimonios de los practicantes, para quien se digne a leerlos y escucharlos. Pretenden desacreditar un trabajo creativo y dinámico que se practica sin descanso desde hace cincuenta años con sujetos autistas y sus familias. Hay algo, efectivamente, que no funciona y no entra en la maquinaria de reeducación ya que el sinthome autista, como todo sinthome, no quiere curarse.

De nuestro lado, extraemos la lección del síntoma, no le ponemos trabas a su  construcción, para que abra una vía hacia el mundo del otro, hacia un lazo social apaciguado, sin renunciar a lo que hace al sujeto distinto de cualquier otro. La apuesta de este trabajo es producir una pérdida en el atolladero del goce autístico –ya que este atolladero es voraz, pero no sin el consentimiento del sujeto. Ajustándonos como asociados de su construcción, interesándonos por el objeto de su elección, pasando por su doble, tratamos de localizar sobre un borde, una zona del entre-dos o un espacio para que el no-diálogo[1] pueda por fin abrirse. Si trabajamos con estos objetos tan particulares – un tambor que da vueltas, un cochecito, un poco de saliva, un gato de peluche -  nosotros que también nos hallamos emparejados a nuestras tablets o smartphones, es porque el hilo del lazo pasa por aquí. ¡Y tejemos este lazo sin descanso!

Entonces, a condición de tener en cuenta lo que el sujeto articula, una pequeña conversación” se hace posible y “seguro que hay algo que decirles”[2]. Entonces, los aprendizajes se hacen posibles, orientados por el islote de competencias del sujeto, es decir, su “obsesión” puesta a trabajar. Entonces, el sujeto autista puede reforzar su sinthome, que le servirá durante toda su vida para tomar un lugar en el lazo social. La ganancia para el sujeto y su familia no es calculable pero no por ello es menos real. ¡Ganancia inestimable! La intención de esta jornada es la de exponer nuestros resultados. –Autismo y psicoanálisis: resultados.

Daniel Pasqualin


El programa 

9h00 – 9h30
Introducción
Guy Poblome, presidente de ACF-Bélgica
Muriel Gerkens, presidenta de la Comisión de Sanidad del Parlamento federal belga
 
9h30 – 11h
Primera secuencia: Otra manera de aprender
Sandra Ruchard – Grandir (Bruselas)
Justine Junius – Ecole du Soleil Levant (Braine l’Alleud)
Neus Carbonell (Barcelona)
Preside: Daniel Pasqualin (La Coursive, Liège)
 
11h – 12h30
Segunda secuencia: Las condiciones del lazo
Sophie Louis – Courtil (Leers-Nord)
Elena Madera - Antenne 110 (Genval)
Jean-Daniel Matet (Paris)
Preside: Bruno de Halleux (Antenne 110, Genval)
 
13h30 – 15h
Tercera secuencia: Soluciones singulares
Séverine Olivieiri – Courtil (Leers-Nord)
Denis Gérard – Coursive (Liège)
Bernard Lecoeur (Reims)
Preside: Dominique Holvoet (Le Courtil, Leers-Nord)
 
15h – 16h30
Cuarta secuencia:
Puntuaciones y conversación con los 6 autores de los casos clínicos: Éric Laurent (París)
Preside: Guy Poblome



Traducción: Natalia Blasco


Notas:
[1] En francés pas-de-dialogue, no diálogo se dice igual que paso de diálogo.


[2] J. Lacan, Conferencia en Ginebra sobre el síntoma  En Intervenciones y textos 2. Manantial. Buenos Aires. 1988. P.134