| 06 noviembre, 2007 |
| Communiqué/Comunicado du/de "Nouvel Âne" |
| Posteado por A.A.delaR. a martes, noviembre 06, 2007 |
![]() Editorial Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. On se demande vraiment qui baptise nos grands établissements d’État et leur décerne leurs acronymes. Vous avez dit… Inpes ? Inpes-te ou Empes-te ? Inpes-tiféré ou Inpes-ticide ? à moins que… Inpes-tilence. “Pestilence” ? Voyons le Petit Robert : “odeur infecte, miasme putride, infection”. L’Inpes a lancé sur le territoire national une gigantesque campagne de désinformation sur la dépression de l’adulte, avec spots télé, spots radio, un guide diffusé à un million d’exemplaires, des dépliants ; les médias y ajoutent : interviews, témoignages, photos. Des enquêtes ? Il y en a très peu, ou pas du tout. Ce matraquage sans précédent a pour but d’imposer 7 thèses : 1) que la dépression existe ; 2) que c’est une maladie ; 3) qu’elle ne cesse de gagner du terrain dans la société au point d’être devenue un problème de santé publique ; 4) qu’elle est donc à soigner de toute urgence ; 5) qu’elle se soigne par la médication et le conditionnement ; 6) que la dépression n’a pas de dimension existentielle ; 7) que la psychanalyse n’est pas un recours possible. D’énormes moyens financiers, provenant des caisses de l’État, non sans la contribution, au moins indirecte, des laboratoires, ont été mis au service de la promotion unilatérale de ces 7 thèses, toutes hautement contestables. En face de cette déferlante médiatique, il y a quoi ? Il y a nous, LNA, Le Nouvel Âne. “LNA, combien de divisions ? – Autant que Léonidas aux Thermopyles !” Nous verrons bien si nos 10 000 exemplaires parviennent à enrayer l’opération “dépression partout”. Il faudrait pour cela qu’ils déclenchent les médias. Il y a bien un enjeu de santé publique, et c’est la prévention des tentations suicidaires. Elle concerne les adultes, mais aussi les enfants de plus en plus jeunes. Combien faudra–t-il de Virginia High Tech et de Colombine pour faire saisir que le passage à l’acte (auto- et hétéro-agressif) a une logique, que la psychanalyse a éclairée? Pour Freud, la tristesse, ce n’est pas un dysfonctionnement organique qui en est responsable, c’est la vérité (voir le billet de François Leguil) ; c’est pourquoi la tristesse est souvent lucide. Elle est légitime quand il y a deuil ; quand elle devient symptôme, elle le demeure, tant que reste bâillonné le désir qu’elle enserre. Ce symptôme, qui est intime, est en même temps connecté au malaise de la société, à ses prescriptions de savoir et de pouvoir sans limite. Réduire l’humain à une chaîne de neurones et de neurotransmetteurs, ce n’est pas seulement le réduire à la servitude, c’est le condamner à une dépression définitive. • Agnès Aflalo :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Español Editorial Instituto nacional de prevención y de educación para la salud. Nos preguntamos verdaderamente quien bautiza nuestros grandes establecimientos de Estado y les concede sus acrónimos. ¿Usted dijo...Inpes? ¿Inpes-te o Empes-te? [pestilente] Inpes-tífero o Impes-ticida? A menos que sea...Inpes-tilencia. ¿“Pestilencia”? Veamos el Petit Robert: “olor infecto, miasma pútrido, infección”. El Inpes ha lanzado sobre todo el territorio nacional una gigantesca campaña de desinformación sobre la depresión del adulto, con cuñas de tele, cuñas radiales, una guía difundida con un millón de ejemplares, los plegables; los medias añaden: entrevistas, testimonios, fotos. Y ¿encuestados? Hay muy pocos, o ninguno. Ese bullicio sin precedentes tiene por fin imponer 7 tesis: 1) que la depresión existe; 2) que es una enfermedad; 3) que no cesa de ganar terreno en la sociedad al punto de haberse vuelto un problema de salud pública; 4) que es entonces urgente curarla; 5) que se cura por la medicación y el acondicionamiento; 6) que la depresión no tiene dimensión existencial; 7) que el psicoanálisis no es un recurso posible. Enormes medios financieros, provenientes de las arcas del Estado, no sin la contribución, al menos indirecta, de los laboratorios, han sido puestas al servicio de la promoción unilateral de esas 7 tesis, inmensamente discutibles. De cara a este despliegue mediático, ¿que hay? Estamos nosotros, el Nouvel Âne. “LNA, ¿cuantas divisiones? – ¡Tantas como tenía Leonidas en las Termópilas!” Veremos si nuestros 10000 ejemplares logran atajar la operación “depresión por todas partes”. Para ello será necesario que lleguen a desencadenar los medias. Hay una apuesta de la salud pública, y es la prevención de las tentaciones suicidas. Ésta concierne los adultos, pero también a los niños cada vez más jóvenes. ¿Cuantas Virginia High Teach y Colombines serán precisas de para darse cuenta que el pasaje al acto (auto y hetero-agresivo) tiene una lógica, que el psicoanálisis ha esclarecido? Para Freud, la tristesa, no es un disfuncionamiento orgánico responsable de esta situación, sino la verdad (ver el recuadro de François Leguil); es porque la tristeza es frecuentemente lúcida. Es legítima cuando hay un duelo; cuando se vuelve síntoma, permanece, en tanto resto amordazado el deseo que ella contiene. Ese síntoma, íntimo, está al mismo tiempo conectado al malestar de la sociedad, a sus prescripciones de saber y de poder sin límite. Reducir el humano a una cadena de neuronas y de neurotransmisores, no es solamente reducirlo a la servidumbre, es condenarlo a una depresión definitiva. Agnès Aflalo Traducción de Mario Elkin Ramírez :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: ![]() Dépression j’écris ton nom La dépression ! La déprime ! Le mot court, il galope, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable, il est désormais partout, il hante depuis quelques jours le palais de l’Élysée. “Une autre vie commence pour le chef de l’État”, écrivait de Lisbonne le journaliste du Monde attaché à ses pas, M. Philippe Ridet. “Quel président sera-t-il maintenant qu’il est seul ? Dépressif, fragilisé ?” Un de ses conseillers se veut rassurant : “L’exercice du pouvoir, ditil, l’emportera sur la déprime.” Mais non, le mal est fait : quoi que dira son entourage, l’oeil public ne le lâchera plus, on scrutera ses pâleurs, son regard, son teint, son port de tête, son pas, ses cernes … Malheur à lui au premier coup de pompe ! Nous vivons désormais dans un monde où la sainte fatigue n’existe plus : c’est la déprime, la dépression, chérie, où es-tu ? Vite, mon antidépresseur ! Il s’agit pourtant d’un homme, rappelezvous, qui, depuis cinq ans, quand il devint ministre de l’Intérieur, ébahit ses concitoyens par une énergie, une faconde, un aplomb, un zest, enfin une joie de vivre, apparemment inépuisables. Depuis son élection à la présidence, à leur tour l’Europe et le monde se sont étonnés du phénomène. Quand les peuples commencèrent à mesurer leurs dirigeants à son aune, ils leur semblèrent qu’ils vivaient au ralenti. Mais voilà un divorce. Aussitôt, disons en moins de deux, on nous le transforme en déprimé, sinon effectif (“Voyez, il a souri”), du moins potentiel. Ce n’est qu’un cri : va-til tenir ? va-t-il tenir dopé ? à coup de pilules ? une bonne petite psychothérapie comportementale ? du genre à vous saper le moral : mais non, mais non, vous n’avez pas tout raté dans votre vie, veuillez, s’il vous plaît, cocher ces petites cases. Je veux bien que tout ceci ne soit pas un fait politique, comme le serinent nos Sages, qui sont les éditorialistes de nos grands journaux, mais j’attends qu’ils nous démontrent que ce n’est pas un fait de société. La dépression, le soupçon de la dépression, est désormais partout. Il n’y aura bientôt sur cette Terre que des déprimés et ceux qui se défendent contre la dépression par la manie et l’hypomanie, ce que l’on appelait jadis, dans les siècles d’ignorance, la bonne humeur, l’allant, l’allégresse. Ah, Molière ! Il faudrait ta plume divine pour percer la boudouille de ces Diafoirus ! Comment en est-on arrivé là ? DEPRESSION DAY C’est le nouveau D-DAY. Depuis quatre ans en Europe, le 9 octobre, cinq pays plus le nôtre célèbrent la Journée européenne de la Dépression (European Depression Day) : Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume Uni. Cette année, à l’heure du petit déjeuner, on pouvait entendre Magali se raconter : dépressive depuis l’âge de 15 ans, la voici guérit, elle en a 47. Si vous avez pris le train à la gare Montparnasse le 11 octobre, vous êtes tombé sur la dizaine de stands de l’association France Dépression informant le public des “différentes facettes de la dépression et des troubles psychiques : son diagnostic précoce, sa prévention, ses solutions”, au milieu des flons-flons du groupe des Polycordes. Oui, l’HOMO FESTIVUS, dénoncé par le regretté Philippe Muray, était de la partie, il intronisait le nouvel HOMO DEPRESSUS qui achevait de naître. Si vous étiez là vers 13 heures, vous avez pu assister à un lâcher symbolique de ballons aux couleurs de la Journée Dépression. On signale quelques animations en province, à Rouen, à Tours, à Nancy. Dans le Val d’Oise, une expérience de pointe est en place depuis le mois de mai de l’année dernière, le REDEP (Réseau Dépression), doté de structures départementales “pour l’écoute, l’accueil, et la prise en charge des personnes affectée de troubles dépressifs”. Tout cela ne va pas bien loin, soit, mais accrochez-vous, ce n’est qu’un début. L’OMS a d’ores et déjà établi qu’en l’an 2020, la dépression sera la première cause d’invalidité WORLD-WIDE, après les maladies cardiovasculaires. C’est programmé. Attendez-vous donc à voir des REDEP partout, avec orchestre et ballons, peuplés de Docteurs Knock qui ne seront plus des médecins d’ailleurs, mais des agents de santé mentale, formés à faire remplir les questionnaires, à mener des entretiens standardisés, et à distribuer potions et pilules selon un barème, jusqu’à ce que ces produits fassent l’objet de la publicité directe au consommateur soit autorisée, ce qui ne saurait tarder, et que certains de ces produits finissent par être en vente libre. Comme nous sommes en retard, n’est-ce pas ? Aux Etats-Unis, le National Depression Screening Day (la Journée nationale du dépistage de la Dépression) existe depuis 1991. Invariablement tous les ans, au mois d’octobre, le jeudi de la Mental Illness Awareness Week (la Semaine de prise de conscience de la maladie mentale), on part à la chasse aux déprimés : vous regardez des vidéos qui font votre éducation ; vous attrapez des dépliants, des guides, des petits manuels très bien faits ; vous remplissez votre questionnaire ; vous échangez un petit peu avec un spécialiste en maladie mentale ; si quelque chose lui paraît clocher, il prescrira une évaluation complète. Quelque chose vous paraît aller de travers chez un parent, un proche, “a loved one” ? C’est prévu, nous avons un questionnaire pour ça aussi. Vous ne pouvez vous déplacer ? Ce n’est pas grave : nous examinons soigneusement les questionnaires envoyés par courrier électronique. Prenez exemple sur les soldats de Fort Benning, en Géorgie, retour d’Irak : cette année, la majorité a voulu être testée pour dépression, on s’en réjouit à www.mentalhealthscreening.org Pauvre France, ta santé mentale fout le camp, et tu t’en soucies comme d’une guigne. Heureusement, il y a l’Europe, elle s’est saisie de la question. EAAD, l’Alliance européenne contre la Dépression, mise en place dans le cadre de l’Alliance de Nuremberg, a tenu son 5ème General Meeting à Leipzig : Lisa Wittenburg, EAAD Project Manager, a bon espoir que la Commission européenne continue de subventionner l’opération : tant de gens meurent de dépression, et il faut penser aussi à tout le petit peuple bureaucrate qui en vit à EAAD. Coordonner les actions Dépression sur toute l’Europe n’est certainement pas une sinécure. Attention ! Il ne sera pas dit que la France - la France, une certaine idée de la France, France, mère des arts, des armes, et des lois - s’accommodera d’être à la traîne dans la course à la dépression. Non, ce sera désormais France, mère des arts, des armes, et des lois - et de la dépression. D’ailleurs, où est-il paru, ce poème de du Bellay ? Vous ne vous souvenez pas ? C’est le neuvième sonnet d’un recueil qui s’intitule comment ? Les Regrets, comme par hasard. Et la date ? 1558. En matière de dépression, nous, Français, nous n’avons de leçon à recevoir de personne. Comment dit Éluard, au fait ? Dépression j’écris ton nom ? • JACQUES-ALAIN MILLER
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Communiqué du Nouvel Âne Les 3 Ecoles européennes, ELP, NLS, SLP, et les trois latino-américaines EBP, EOL, NEL, ainsi que les Instituts, ont commandé hier et aujourd’hui 890 exemplaires de LNA 7. Ce 6 novembre 2007 |





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