24 de noviembre de 2016

LACAN QUOTIDIEN - L’AMÉRIQUE RÉELLE




Trump, son spin doctor et l’hyperbole véridique
par Alice Delarue
 
Dans un discours à Reno, Nevada, à la fin de l’été, Hillary Clinton reprenait à propos de son adversaire un proverbe mexicain : « Dis-moi avec qui tu marches, et je te dirai qui tu es » (1). Elle parlait de la désignation du nouveau directeur de campagne de Donald Trump, Stephen Bannon, directeur du site Breitbart news. Cette nomination s’accompagnait d’un tournant dans la campagne, que l’équipe du candidat résumait par la formule : « Let Trump be Trump ». Bannon, diplômé d’Harvard, a été banquier chez Goldman Sachs, puis producteur à Hollywood, avant de se tourner vers les médias et la politique. Ce grand admirateur de Reagan passe pour avoir eu très tôt « une idée très claire et cohérente de ce qu’est le “trumpisme”, peut-être même plus que Trump lui-même » (2). Dès lors, qu’est-ce que le désormais « haut conseiller et chef de la stratégie » du président élu peut nous apprendre de Trump ?...
 
 

Donald Trump Président !« L’inconscient, c’est la politique », la chronique de Réginald Blanchet

En matière d’interprétation du monde, il se pourrait qu’aujourd’hui et pour les temps à venir notre meilleur guide soit encore l’artiste. L’artiste, et non plus le philosophe. L’artiste, celui qui vibre aux soubresauts d’un monde qui met en déroute la sagesse établie, sait en accueillir la nouveauté et y faire droit, au contraire de l’homme de raison que se veut le penseur lorsqu’il n’est que le statisticien du calcul utilitaire qui guiderait tout un chacun dans la conduite de sa vie. Ce rationalisme supposé présider à la marche du monde ne saurait valoir à vrai dire que pour un monde réduit à un être de raison. Telle serait sans doute l’une des leçons les plus éclatantes de l’événement extravagant que constitue l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique, leçon d’autant plus dérangeante qu’elle révèlerait le degré de l’aveuglement où nous sommes. Deux artistes de grand talent, chacun en son genre, nous en font prendre la mesure...

 
 
De quoi les images médiatiques sont-elles le nom ?
par Célia Breton
 
Parce qu’il fallait un visage, ce sera le sien. Après le petit Aylan, devenu porte-parole sans voix de ce que l’on appelle désormais « le drame des réfugiés », c’est au tour d’Omran Daqneesh de tenir le haut de l’affiche pour promouvoir la dénonciation de la violence du (ou des) conflit(s) syrien(s). Cette guerre sans visage en a désormais un : un petit prince que les réseaux sociaux voudraient couronné pour que de la violence naisse un voile d’humanité. Mais au-delà de l’empathie impérieuse, c’est le regard de ce très jeune rescapé des raids aériens qui accroche. « Normalement les petits garçons pleurent », éclaire l’auteur de la photo. Celui-là est sidéré. Il nous retient alors jusqu’à désavouer la maxime de La Rochefoucauld selon laquelle « le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». C’est dorénavant sur la seconde que se braquent tous les yeux jusqu’à ne plus voir l’insensé de la succession de ces icônes dans le viseur médiatique...