10 de agosto de 2011

CALENDRIER LACAN DE JUDITH MILLER

CALENDRIER LACAN DE JUDITH MILLER


10 AOÛT
- Jam sur France-Culture

25 AOÛT
- Sortie en librairie de 2 livres de Lacan
Le Séminaire XIX : … ou pire et Je parle aux murs

5 SEPTEMBRE
- Sortie en librairie de Vie de Lacan
- Diffusion sur France 3 de Rendez-vous chez Lacan

7 SEPTEMBRE
- Lancement sur le net de Lacan quotidien

9 SEPTEMBRE
- Lecture non stop de Lacan à l’École normale supérieure

8 ET 9 OCTOBRE
- Au Palais des Congrès, Journées Lacan

13 OCTOBRE
- Sortie en librairie de Lacan au miroir des sorcières


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10 AOÛT Jam sur France-Culture

Spéciale Jacques Lacan, de 7h 30 à 8h 30. Les Matins d’été reçoivent Jacques-Alain Miller
pour un grand entretien consacré à sa Vie de Lacan, en librairie le 5 septembre. - MQ

25 AOÛT … ou pire et Je parle aux murs

Le Séminaire XIX porte un titre bien singulier : (trois petits points) ou pire. En même temps,
paraît un petit recueil de trois de ses conférences, intitulé Je parle aux murs. Lacan voulait-il,
pouvait-il être compris ? La question mérite d’être posée, et Lacan fait tout pour qu’on se la
pose. Mais elle mérite aussi qu’on y réponde : oui ! La preuve en est qu’il a confié la
rédaction de ses séminaires à Jacques-Alain Miller, qui, d’une part, s’attache à dégager
l’armature du discours, son argumentation très serrée, et qui, d’autre part, explique
lumineusement sous quel angle ces titres originaux doivent être entendus. Voir à la fin de ce
calendrier les prières d’insérer des deux livres (Le Seuil). - JM

5 SEPTEMBRE Vie de Lacan

« Jacques-Alain, tout et n’importe quoi a été dit sur la personne de Lacan. Tu as été sans
réagir pendant trente ans, pourquoi réagir maintenant ? - Parce que, dit l’Écclésiaste, “il y a un
temps pour toute chose. Il y a un temps pour se taire, et il y a un temps pour parler.” De mon
point de vue, toutes les anecdotes sur Lacan sont vraies, même celles qui sont fausses. Que
chacun parle de lui comme il l’entend, c’est très bien. La seule différence, c’est que,
maintenant, au lieu de la boucler, moi aussi je parle. Et ce n’est qu’un début ! je commence un
feuilleton ! » Vie de Lacan, en librairie le 5 septembre, Navarin éditeur, 24 pages, 5€. - JM

5 SEPTEMBRE Rendez-vous chez Lacan

“Rendez-vous chez Lacan” est le titre du film, réalisé par Gérard Miller, que France 3
diffusera le 5 septembre à 22h. Il s’agit de vous faire découvrir Lacan au quotidien, à travers
les témoignages croisés de ses patients, de ses élèves, mais également de plusieurs de ses
proches, qui l’ont côtoyé dans l’intimité. Né en 1901 dans une famille catholique, psychiatre
de formation à la culture encyclopédique, ami de Picasso, de Lévi-Strauss ou de Sartre, c’était
un psychanalyste génial, praticien et théoricien hors pair ; il fut pourtant “excommunié”,
comme s’il était le diable, par l’Association internationale de psychanalyse, basée à Chicago ;
il créa alors sa propre École à Paris ; il résolut de la dissoudre avant sa mort ; depuis trente
ans, son enseignement a essaimé à travers le monde ; aujourd’hui, les psychanalystes qui se
réclament de lui sont les plus nombreux. Gérard Miller, encore lycéen, l’a rencontré pour la
première fois en 1966. Quarante-cinq ans plus tard, son sentiment n’a pas varié : « Lacan était
un type absolument étonnant, et, si j’ai réalisé ce film, c’est qu’il n’y a aucune raison de ne
pas le faire savoir au plus grand nombre ! » Lacan reste encore aujourd’hui le plus stimulant
des personnages. Le spectateur le vérifiera. - GM

7 SEPTEMBRE Lacan quotidien

L’Agence lacanienne de presse lance, à l’occasion de l’anniversaire des trente ans, un bulletin
quotidien en ligne qui permettra à tous ceux qui le souhaitent d’échanger sur “l’actualité
Lacan” de la rentrée : intervenants dans les médias, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, de
France et de l’étranger. Lacan quotidien sera diffusé du 7 septembre au 17 octobre sur les
listes de l’Association mondiale de psychanalyse, sera traduit en cinq langues, et devrait
toucher dans quinze pays 10 000 personnes : psychanalystes, écrivains, artistes, journalistes,
personnalités de la politique et de la culture. - JM


9 SEPTEMBRE Lecture de Lacan rue d’Ulm

Pour les trente ans de la disparition de Lacan, Catherine Clément a organisé, comme pour la
mort de Lévi-Strauss, une soirée de lecture non stop d’extraits qu’elle a choisis dans l’oeuvre.
Des personnalités, répondant à sa demande, se succèderont pour les lire dans les locaux de
l’École normale supérieure. Celle-ci, jadis, dans les années 60 du siècle dernier, prêta une
salle à Lacan, à l’initiative d’Althusser, pour qu’il y donne son séminaire. Entrée libre. - JM

8 ET 9 OCTOBRE Journées Lacan au Palais des Congrès

Les 8 et 9 octobre, au Palais des Congrès, Porte Maillot à Paris, l’École de la Cause
freudienne attend plus de 2000 participants pour ses 41e Journées, intitulée Praxis lacanienne
de la psychanalyse. 130 communications démontreront l’efficacité, au cas par cas, de la
psychanalyse d’orientation lacanienne. À une époque où les exigences de l’évaluation, du
chiffre, et de l’idéal de normalisation, se font toujours plus pressantes, la psychanalyse donne
sa réponse au « malaise dans la civilisation ». - JDM Inscriptions : www.causefreudienne.org


13 OCTOBRE Lacan au miroir des sorcières

Ce numéro spécial de la revue La Cause freudienne, dirigé par Nathalie Georges-Lambrichs,
donne à voir de multiples facettes de l’oeuvre et de la personne de Lacan, avec 50
contributions de psychanalystes, ses élèves, sur les thèmes les plus variés. Il s’ouvre sur une
conférence encore inédite de Lacan. On y trouvera également, de François Cheng, un petit
essai sur Le sourire de Lacan ; Catherine Clément, Lacan indien ; Diego Masson avec Judith
Miller, Lacan, la musique ; Jean-Claude Milner, Lacan, le juif ; François Regnault, Lacan, le
théâtre ; Gérard Wajcman ; et la suite de Vie de Lacan, par Jacques-Alain Miller. Ce numéro
sera diffusé en avant-première aux Journées de l’ECF. - JM
La Cause freudienne, n° 79, en librairie le 13 octobre, au prix de 20€. Diffusion Volumen.




Lacan présenté par Jacques-Alain Miller

… ou pire

Rencontre fortuite d’une machine à coudre et d’un parapluie. Rencontre impossible de la baleine et de l’ours
blanc. L’une, forgerie de Lautréamont ; l’autre, ponctuation de Freud. Toutes deux, mémorables. Pourquoi ?
Certainement, elles chatouillent quelque chose en nous. Lacan dit quoi. Il s’agit de l’homme et de la femme.
Entre les deux, point d’accord ni d’harmonie, pas de programme, rien de pré-établi : tout est livré au
petit bonheur la chance, ce qui s’appelle en logique modale la contingence. On n’en sort pas. Pourquoi est-elle
fatale, c’est-à-dire nécessaire ? Il faut bien penser qu’elle procède d’une impossibilité. D’où le théorème : «Il
n’y a pas de rapport sexuel ». Cette formule est aujourd’hui fameuse.
À la place de ce qui ainsi fait trou dans le réel, il y a pléthore : images qui leurrent et qui enchantent,
discours qui prescrivent ce que ce rapport doit être. Ce ne sont que des semblants, dont la psychanalyse a rendu
l’artifice patent pour tous. Au XXIème siècle, c’est acquis. Qui croit encore que le mariage ait un fondement
naturel ? Puisque c’est un fait de culture, on s’adonne à l’invention. On bricole de toutes parts d’autres
constructions. Ce sera mieux… ou pire.
« Y a de l’Un ». Au coeur du présent Séminaire, cet aphorisme, passé inaperçu, complète le « Il n’y a
pas » du rapport sexuel, en énonçant ce qu’il y a. Entendez l’Un-tout-seul. Seul dans sa jouissance (foncièrement
auto-érotique) comme dans sa signifiance (hors sémantique). Ici commence le dernier enseignement de Lacan.
Tout est là de ce qu’il vous a appris, et pourtant tout est neuf, renouvelé, sens dessus dessous.
Lacan enseignait le primat de l’Autre dans l’ordre de la vérité et celui du désir. Il enseigne ici le primat
de l’Un dans la dimension du réel. Il récuse le Deux du rapport sexuel comme celui de l’articulation signifiante.
Il récuse le grand Autre, pivot de la dialectique du sujet, il lui dénie l’existence, et le renvoie à la fiction. Il
dévalorise le désir, et promeut la jouissance. Il récuse l’Être, qui n’est que semblant. L’hénologie, doctrine de
l’Un, surclasse ici l’ontologie, théorie de l’Être. L’ordre symbolique ? Ce n’est rien d’autre dans le réel que
l’itération du Un. D’où l’abandon des graphes et des surfaces topologiques au profit des noeuds, faits de ronds de
ficelle qui sont des Uns enchaînés.
Souvenez-vous : le Séminaire XVIII soupirait après un discours qui ne serait pas du semblant. Eh bien,
avec le Séminaire XIX, voici l’essai d’un discours qui prendrait son départ du réel. Pensée radicale del’Undividualisme
moderne.



Je parle aux murs
Ces murs sont ceux de la chapelle de Sainte-Anne. Invité à y prononcer des conférences, Lacan, 70 ans, y
retrouve sa jeunesse d’interne en psychiatrie. Il s’amuse, improvise, se laisse aller. C’est du savoir qu’il parlera,
annonce-t-il, et l’intention est polémique : les meilleurs de ses élèves, eux, captivés par l’idée que l’analyse fait
le vide, ont levé le drapeau du non-savoir, emprunté à Georges Bataille. Non, dit Lacan, la psychanalyse procède
du savoir, d’un savoir supposé, supérieurement organisé, qui est l’inconscient. On n’y accède que par deux
voies : la vérité, d’abord (l’analysant s’efforce de dire tout ce qui lui passe par la tête), la jouissance, ensuite
(l’analyste interprète toujours les dits de l’analysant en termes de libido). Deux autres voies en barrent l’accès :
l’ignorance (s’y adonner avec passion, c’est toujours consolider le savoir établi), et le pouvoir (passion de la
puissance, d’où méconnaissance de ce que seul révèle l’acte manqué). Ce qu’enseigne la psychanalyse de plus
précieux, c’est l’impuissance. Leçon de sagesse pour une époque, la nôtre, qui voit la bureaucratie, au bras de la
science, rêver de changer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, que ce soit par la propagande (les campagnes
anti-tristesse), la manip ulation directe du cerveau (NeuroSpin), ou le bio-technique.

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